Depuis 2017, une mission d’identification du patrimoine en péril et de recherche de nouvelles sources de financement pour le restaurer a été confiée par le président de la République à Stéphane Bern. De cette initiative est née le « Loto du Patrimoine » dont le produit a été attribué à la Fondation du patrimoine. Un partenariat a été établi entre la Fondation du patrimoine, le ministère de la Culture e FDJ (renouvelée en 2021 pour une durée de 4 ans).

 

Les sites peuvent également bénéficier de collectes de dons et de mécénats sous réserve de leur éligibilité et, pour ceux protégés au titre des monuments historiques, de subventions du ministère de la Culture (DRAC de Normandie).

Les projets sont sélectionnés par un comité présidé par Stéphane Bern selon quatre critères principaux :

  • l’intérêt patrimonial et culturel
  • l’état de péril
  • la maturité du projet
  • l’impact sur le territoire et le projet de valorisation

18 sites, retenus par la Mission Patrimoine, bénéficieront du soutien financier de l’édition 2022 du Loto du Patrimoine de la Française des Jeux. Parmi eux, le Haras du Pin, plus ancien des haras nationaux français. Surnommé le « Versailles du cheval », construit entre 1715 et 1736 dans un écrin de verdure de plus de 600 hectares. Édifié sur ordre du roi Louis XIV et de Colbert, il témoigne de l’architecture classique du Grand Siècle. Ce site majeur de la région Normandie accueille chaque année plus de 200 jours de compétitions équestres de renommée mondiale, et offre de nombreuses activités touristiques et culturelles. Le domaine du Pin abrite un pôle de formation de l’Institut français du Cheval et de l’Équitation, et un centre de l’Institut national de recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement. Le projet de valorisation du haras se décline en trois volets: tourisme, sport et formation. Dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, le Haras du Pin figurera sur la liste des centres de préparation des sportifs. Son patrimoine architectural constitue aujourd’hui une opportunité majeure par son originalité, son échelle et sa disponibilité.

Avec plus de 16 000 m² bâtis, il entretient une parfaite harmonie entre son architecture et les paysages qui l’entourent. Toutefois, la plupart des édifices annexes du haras sont aujourd’hui très dégradés, notamment deux édifices qui feront l’objet d’un programme de restauration d’envergure.

L’Infirmerie-Ecurie Carmarthen : la pierre de taille en façade nécessite une reprise globale ; une intervention importante concerne les couvertures et les charpentes qui se sont effondrées, notamment au niveau des boxes. Une fois restauré, l’édifice pourrait devenir une résidence d’artiste comportant des espaces pour les chevaux, ou un lieu d’hébergement de groupes favorisant les activités équestres.

L’ancienne église du Vieux-Pin : abandonnée à la Révolution, restaurée par les paroissiens en 1818 puis aliénée par l’Etat en 1858 et transformée en dépôt d’étalons, elle est aujourd’hui hors d’usage. Son état est préoccupant avec des trous en couverture des versants Nord et Sud. Suite à des infiltrations d’eau dans la nef et la sacristie, la charpente menace ruine. Des travaux de maçonnerie sont aussi à entreprendre au regard des nombreuses fissurations et enduits dégradés. L’église
accueillera un espace muséographique pour des expositions temporaires.

Des travaux de maçonnerie, charpente, couverture et menuiseries bois, entrepris dès cette année, pourraient être finalisés avant la fin de l’année 2023. A l’occasion des journées du patrimoine, Stéphane Bern sera présent pour remettre un chèque de la Mission Patrimoine au Haras national du Pin.