Haras national du Pin

3 siècles d’histoire

Edifié entre 1716 et 1728, le Haras National du Pin doit son existence à la volonté du Roi Louis XIV et de son contrôleur général des Finances, Jean Baptiste Colbert, de réformer et d’améliorer les haras royaux, afin de produire des chevaux les plus performants pour les transports, le travail agricole, la cavalerie militaire et la cour de Versailles.

Bien qu’ayant bâti à grands frais son haras personnel à Saint–Léger-en-Yvelines, Louis XIV en juge les terres cultivées peu fertiles, les parcs trop espacés et les chevaux de faible santé. En 1714, il confie à son grand Écuyer, François Gédéon de Garsault, le soin de trouver un endroit plus favorable à la production de chevaux. Ce dernier fixe son choix sur le Buisson d’Exmes, près d’Argentan, une terre rapidement étendue à la seigneurie du Pin, propriété du conseiller d’État Béchamel de Nointel, qui consent à échanger son domaine contre des terres situées en Picardie. Le 2 avril 1715, le haras royal de Saint–Léger-en-Yvelines est transféré au cœur des 600 hectares du nouveau domaine, et les bâtiments édifiés par les architectes Robert de Cotte puis Pierre le Mousseux. Dès 1717, deux cents chevaux y sont accueillis. L’activité principale du Haras consiste à sélectionner les races et à produire des chevaux dont les plus beaux sont destinés à la reproduction. À la veille de la Révolution, le haras royal regroupe 196 étalons, effectif complété par 132 chevaux «approuvés » appartenant à des particuliers implantés sur les actuels départements : Orne, Calvados, Manche, Eure, Seine-Maritime, Sarthe, et placés sous le contrôle de l’inspecteur de l’Administration des Haras. Le 20 janvier 1790, l’Assemblée Constituante décrète la suppression des haras,  » symboles des privilèges « et la vente des étalons du Pin. Grâce à une pétition du département de l’Orne, un dépôt de 40 étalons y est maintenu jusqu’en mars 1793, lorsque leur vente devient inéluctable.

 

Suite à une période d’agitation politique, Napoléon 1er rapatrie d’Egypte quelques chevaux de sang arabe. Ses troupes ayant un besoin crucial de chevaux, il rétablit par décret impérial le 4 juillet 1806 l’organisation de six Haras, trente dépôts d’étalons, installés dans les abbayes et couvents, et fonde les écoles vétérinaires d’Alfort et de Lyon. Les Haras impériaux, désormais rattachés au Ministère de l’Intérieur, ont pour mission de mettre des étalons de prix à disposition des particuliers pour créer ou entretenir les races, et d’aider les éleveurs. Le Haras du Pin est placé à la tête du 1er arrondissement d’une circonscription composée de la Somme, la Seine-et-Marne, la Haute-Marne, l’Eure et la Manche. Vendues comme biens nationaux à des propriétaires privés pendant la période révolutionnaire, une grande partie des terres est rachetée dès 1808, et d’importants travaux de réfection sont réalisés en urgence sur les bâtiments du Pin, qui retrouve sa fonction et son rayonnement sur la production chevaline française.

 

ll est urgent de repeupler les écuries. En janvier 1814, le cheptel du haras de Borculo, situé dans les terres hollandaises annexées par l’Empire, vient remplacer les chevaux âgés, malades ou disparus. Suite à l’exil forcé de napoléon en 1814, Louis XVIII reprend en main l’élevage. Le Haras du Pin accueille l’École des Haras aux côtés du dépôt d’étalons, afin de former les cadres. Un nouveau système de Haras est mis en place, fondé sur des croisements rationnels et une sélection issue de l’indigénat. Objet de nombreuses rénovations et extensions au fil des siècles, ce trésor du patrimoine national, communément surnommé le « Versailles du cheval », couvre actuellement une superficie de 1112 hectares et s’étend sur les communes du Pin-au-Haras, La Cochère, Exmes, Ginai, et Silly-en-Gouffern.

Le Haras National du Pin aujourd’hui

 

Les bâtiments historiques trônent toujours au milieu du Domaine. Ils ont été complétés par des travaux et aménagements destinés à valoriser et moderniser ce site emblématique et leader des Haras nationaux puis de l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation), suite au regroupement de l’institution avec l’École Nationale d’Équitation en 2010.

Au registre des missions, la préservation et la valorisation du domaine, la création d’un pôle national et international consacré à la pratique du sport équestre, la promotion de la filière équine et de ses activités, ainsi que le développement d’une offre touristique et culturelle. Côté activités, le haras propose des formations dans le domaine de l’élevage au cœur de la jumenterie, mais aussi d’équitation, de sellerie et l‘attelage. Sont accueillis sur le site un Centre de Valorisation de la Race Percheronne, en charge de la promotion et de la valorisation de la race, l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), et la station Borculo qui développe des activités de recherche sur la génétique bovine, tandis que 250 hectares sont affectés à l’Office National des Forêts (ONF). Au total, plus de 200 chevaux et 100 personnes travaillent sur les 1000 hectares du domaine, désormais ouvert au public, qui propose la découverte des écuries, de la sellerie d’honneur et des remises de véhicules hippomobiles ainsi que des spectacles grâce aux artistes en résidence.