Félix-Marie Brasseur, 70 ans, meneur belge de renom spécialisé en attelage à quatre chevaux, trois fois champion du monde et deux fois vainqueur de la coupe du monde, est à la tête des équipes de France d’attelage depuis les Jeux Equestres Mondiaux de Lexington en 2010.

 

L’attelage à un cheval, la base de tout

Pour Félix Marie Brasseur, archétype de l’homme de cheval accompli, formé au Cadre Noir de Saumur, et qui a pratiqué en compétition le saut d’obstacles, le dressage, le concours complet et le polo, l’attelage est une discipline passionnante. Il l’explique « En selle, un bon cavalier peut obtenir beaucoup de sa monture, en attelage il appartient au meneur de se comporter en véritable homme de cheval pour obtenir son adhésion et sa collaboration. Il doit faire en sorte de lui faire comprendre clairement ce qu’il attend de lui et le préparer à répondre à la moindre indication. En attelage à un cheval, qui est à la base de tout, y compris de l’attelage à quatre, on parvient à réaliser exactement le même travail que sous la selle, que ce soit l’épaule en dedans, les pas de côté, la mise en main, ou les variations et transitions d’allure. La difficulté est de le garder bien rond, sur la main, en ligne, les épaules devant des hanches, et prêt à la moindre sollicitation du meneur pour réaliser la figure demandée en restant à l’écoute. Quand le cheval est en équilibre, et qu’il répond à la moindre indication du meneur, c’est une sensation exceptionnelle. »

La sélection pour le championnat du Monde 

Afin de prétendre à participer au championnat du monde d’attelage, les meneurs sont tenus de satisfaire aux conditions fixées par la Fédération Equestre Internationale (FEI), c’est-à-dire totaliser deux scores inférieurs à 65 points en dressage au cours des deux dernières saisons. De son côté, la Fédération Française d’Equitation (FFE) laisse le soin au sélectionneur (Quentin Simonet) et à l’entraîneur national (Félix-Marie Brasseur) de retenir les meilleurs éléments au moment de l’échéance, soit cinq à six couples. L’entraîneur le précise, tous ne pourront prétendre à un podium, mais une participation à une telle échéance est dans tous les cas très riche d’enseignements pour le futur. Alors que les équipes sont composées de trois attelages, seuls sont pris en compte les deux meilleurs résultats sur le dressage, le marathon et la maniabilité.

La France en bonne position

Selon l’entraîneur national, la France est en bonne position sur la scène internationale, grâce notamment à des piliers tels que Marion Vignaud, qui figure très régulièrement dans le peloton de tête en compétition internationale, mais aussi grâce à Fabrice Martin, meneur et formateur en attelage auprès de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), meneur très performant en dressage et en maniabilité, ainsi que Claire Lefort, quintuple championne de France en attelage à un poney, qui mène désormais un cheval. « Elle a la capacité de remporter un marathon ou une maniabilité et s’améliore constamment en dressage » affirme Félix Marie Brasseur qui pourra également compter dans l’avenir sur plusieurs couples très prometteurs. Quatre à cinq fois au cours de l’hiver, l’entraîneur regroupe l’ensemble des meneurs à un, en paire ou à quatre au Parc Fédéral de Lamotte Beuvron, et les accompagne sur les échéances majeures.

Le marathon du Haras du Pin

A chaque compétition ses spécificités. Au Haras du Pin, le marathon, d’une longueur d’environ neuf mille mètres, et émaillé de huit obstacles mobiles ancrés au sol, est considéré comme un parcours éprouvant en raison des nombreux dénivelés. « Le profil du terrain exige des chevaux une condition physique parfaite, car ils sont appelés à monter et à descendre constamment entre les obstacles » souligne l’entraîneur national. Toutefois, comme en concours complet d’équitation, la difficulté consiste à être performant sur les trois tests » conclut Félix Marie Brasseur, qui attelle encore tous les jours avec plaisir.